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LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT : MOBILE BANKING ET E-GOUVERNANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Lorsque l’on pense aux pays les moins avancés (PMA) et à ceux engagés sur la voie du développement, nombreux sont ceux qui spontanément les associent aux problèmes de malnutrition, d’insalubrité, de corruption ou de conflits ethniques. L’état désastreux de leurs infrastructures, de leurs systèmes de santé, les questions d’enclavement et d’isolement des populations rurales, l’archaïsme des mentalités et des moyens techniques comptent également parmi les poncifs qui souvent les caractérisent dans l’inconscient collectif. L’Afrique subsaharienne (ASS) qui regroupe 48 pays compte à elle seule 33 des 49 PMA considérés comme tel selon les critères de l’ONU. Autant dire qu’elle reste le principal bénéficiaire de l’aide internationale au développement.

En 2002, la communauté internationale et les États membres des Nations Unies adoptent la déclaration dite du Millénaire. Cette ambitieuse feuille de route, énumère huit objectifs à atteindre pour mettre fin à la pauvreté absolue et « booster » le développement des Pays émergents ou en développement. Parmi ces objectifs, si l’éducation et la santé occupent une place de choix, il n’est nullement fait mention des technologies de l’information et de la Communication en tant qu’objectif de développement. Face à l’ampleur de la tâche, d’aucuns s’interrogent sur l’opportunité d’investir dans les technologies de l’information et de la communication alors même que les moyens disponibles et le financement de l’aide au développement s’avère déjà limité.

Pourtant aussi surprenant que cela puisse paraître, cette conception qui comptent encore de nombreux « partisans », est doublement erronée. En effet, les TIC ne se pose pas en concurrence, « mais en complément de l’investissement consenti dans le cadre des efforts de développement « classiques ». Comme le rappelait Erkki Liikanen, il faut avant tout envisager les TIC comme des outils au service d’une politique globale de développement, et non comme une fin en soit. Enfin, ne serait-ce que pour des raisons de compétitivité, et d’intégration économique les pays en voie de développement se doivent d'être associés à l’émergence de cette économie mondiale de la connaissance, «sans quoi la fracture entre le Nord et le Sud ne fera que s’aggraver».

A. Présentation du contexte

Parmi les nombreux défis auxquels est confronté l’Afrique Subsaharienne deux sont particulièrement handicapant pour son développement endogène : la corruption et le faible taux de bancarisation. Si le premier s'avère plus médiatisé, à tort ou à raison, le second n’en demeure pas moins un problème chronique qui affecte significativement toutes les économies du continent.

Dans les deux cas, les TIC en tant qu’outils au service du développement offrent des moyens inédits qui à défaut d'être des solutions miracles donnent déjà des résultats encourageants: le Mobile banking et l’e-Gouvernance.

Sous ses vocables anglicisant se cache une réalité qui défie tous les pronostics et semble engager l’Afrique vers une nouvelle ère. C’est dans l’intention de décrypter les enjeux et répercussions de ces deux expériences innovantes que nous nous sommes intéressés au cas du Kenya et du Rwanda, respectivement leader dans le domaine du Mobile banking et de l’e-Gouvernance.

Mots clés: mobile banking, service financier, exclusion bancaire, bancarisation, Afrique, secteur informel, formel, e-Gouvernance, gouvernance, TIC, technologies, information, communication

B. Problématique

Comment ces applications sont elles mis en oeuvre dans ces deux pays que tout oppose? Pour quels résultats? Et enfin, sont-elles transposables à d’autres pays de la région. Les succès kenyan et rwandais sont-ils des cas isolés ou participent-ils à un mouvement de fond unanimement partagé?

C. Hypothèse

Malgré l’idée selon laquelle les TIC seraient des vecteurs de développement et de convergence culturelle (globalisation = occidentalisation) nous pensons que les nombreuses différences et disparités que l’on constatent entre les pays d’ASS ou au sein même de ces derniers, rendent leur appropriation plus délicates qu’ailleurs. L’Afrique ne pouvant être résumée à un tout homogène il convient d’adapter l’usage des technologies aux réalités locales et non l’inverse. Nous pensons que les meilleures réussites en matière de TIC seront celles qui prendront en compte l’existant et s’y adapteront. Nous affirmons également que bien plus que dans d’autres domaines, les TIC demandent un engagement fort de l’Etat pour favoriser leur développement et déployer tout leur potentiel transformationnel.