La Journée s’articulait autour de trois pôles : les ateliers au nombre de quatre (Travailler aux Antilles-Guyane, La diaspora marché ou relais, Les entrepreneurs antillo-guyanais à la conquête de l'international, Guadeloupe, Martinique, Guyane : concurrents ou convergents), les séances plénières ponctuées par deux débats passionnants (L’Histoire aux Antilles-Guyane est-elle un obstacle à surmonter ou un atout à valoriser? Quel modèle de développement possible pour les Antilles-Guyane françaises?) et un «business corner» où il était possible pour les jeunes diplômés ultramarins de rencontrer des recruteurs, des investisseurs ou des associations étudiantes.

Des sociétés emblématiques tels que le groupe Bernard Hayot, Librairie Antillaise, Mediaserv, Leader Price Martinique, Joseph Cottrell, ou l'hôtel Karibea avaient fait le déplacement et comptaient parmi les principaux partenaires de la manifestation. Les secteurs de la distribution et de l’agro-alimentaire étaient d’ailleurs particulièrement représentés. À noter également, le soutien du groupement d’entreprises des français d’outre-mer (GEDFOM), l’Outremer Network, et l’HORIDOM, pour ne citer que ceux là. Près de 600 visiteurs s’étaient donnés rendez-vous pour participer à cette première JOMD.

Sept exposants et 45 intervenants dont trois modérateurs ont également apporté leur contribution à cette journée d’échange. En outre, la JODM offrait un cadre particulièrement propice au networking et aux rencontres informelles. Il était ainsi possible de discuter tout à fait librement avec les intervenants et d’échanger cartes de visite et points de vue sur les problématiques évoquées durant le colloque. Les porteurs de projets n’étaient pas oubliés, puisque des investisseurs (Risk Angels & Caraïbe Angels) étaient également présents pour conseiller, évaluer et sélectionner les projets les plus prometteurs. La Journée Outre-mer Développement était en effet clairement placée sous le signe de l’entrepreneuriat. Gageons que les témoignages d’entrepreneurs, la présence d’investisseurs et les rencontres au sein du «business corner» auront su susciter des vocations.

Quant aux interventions les plus remarquées, il convient d'évoquer la captivante démonstration de Jean Crusol, professeur agrégé et docteur en sciences économiques lors de la séance plénière «Quel modèle de développement possible pour les Antilles et la Guyane». Le témoignage riche en enseignements de Patrick Fabre, directeur du groupe Leader Price Martinique et de l’agence de recrutement Alpha conseil, s’est par ailleurs illustrée, dans le cadre de l’atelier «Les entrepreneurs antillo-guyanais à la conquête de l’international», par sa transparence et son humilité. Se voulant constructive et résolument tournée vers l’avenir, cette première édition de la JOMD a permis de sensibiliser le public aux défis relatifs au développement endogène des Antilles-Guyane. Après la crise survenue début 2009, cette manifestation s’inscrivait dans une approche apaisée et transversale des challenges auxquels sont confrontées nos régions. Il convient donc de saluer l’effort de transparence et de vulgarisation des intervenants (qu’ils soient de la sphère politique, économique ou artistique). Cette journée a aussi permis d’améliorer la visibilité des activités du secteur privé (notamment concernant son expansion à l’international), et contribué à démontrer le dynamisme des entrepreneurs ultramarins, mais aussi et surtout de la motivation des jeunes diplômés de la diaspora antillo-guyanaise, qui avaient répondu nombreux à l’appel.

JOMDParmi les principaux regrets, on peut citer le peu de temps consacré aux questions du public lors des ateliers et des séances plénières, ainsi que les absences remarquées du Maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, ou de José Jacques Gustave, PDG et fondateur de la multinationale G2J.COM, cité à plusieurs reprises par les autres intervenants, comme un exemple de réussite. Après la conclusion d’Hugues-Arnaud Mayer, vice-Président du MEDEF National, ce fut au tour de Marie-Luce Penchard, Secrétaire d’État à l’Outre-Mer, de clôturer cette première édition de la Journée Outre-mer Développement, par un discours évoquant notamment la question des ressources humaines. Elle a ainsi appelé l’Agence Nationale pour l'insertion et la promotion des Travailleurs (ANT) à «soutenir les initiatives du monde de l’entreprise pour favoriser la formation et les expériences en entreprises». Elle a aussi insisté sur l’importance des investisseurs, des entrepreneurs et des créateurs d’entreprises dans le dynamisme économique des départements d’outre-mer, « car c’est dans vos entreprises que réside le potentiel de création d’emplois » leur-a-t-elle adressé. La Journée Outre-mer Développement s’inscrit d’ores et déjà comme un événement sur lequel il faudra désormais compter. À n’en pas douter, cette première édition ne sera certainement pas la dernière.

Reportage Journée Outre-mer Développement, samedi 5 septembre 2009, Paris. Auteur : Cédric Pierre-Louis, Chargé de mission à Action Europe, Bruxelles La Lettre d'Eurodom, N°39, Septembre 2009.

www.eurodom.org