Do you really know Rwanda?
By Cédric Pierre-Louis on Saturday 26 February 2011, 14:24 - Economics & Finance - Permalink

It has been a while since I first thought about writing the following column. I always delayed its redaction for many (bad) reasons (lack of time, family issues, travel opportunities, work, etc.). But tonight I decided to take the bull by the horns, sit down and start defining all I want to say about an amazing country called Rwanda. Like many children borned in 1984, I was old enough to understand and live through television some historical moments which left its mark on humankind forever.
Some were happy and let me very positive feelings (Fall of the Berlin Wall, the end of the Cold War, Bill Clinton's Presidency etc.). Ohers were quite traumatizing (Iraq invasion of Kuwait, First Persian Gulf War, etc.). However, for me the worst memory ever was the Rwandan civil war and Genocide in 1994, during which around 800,000 people died in awful mass killing.
When I started looking for information for writing my master thesis, I remembered a fascinating article about how the Rwandan government was doing everything for making Rwanda an ICT hub, with the ambition of being the IT leader of Africa. So when it was about pick a country for my research, I finally chose Kenya and Rwanda. What I discovered just blew me away.
Rwanda, is really a surprising country and I would like to share with you my
opinion about its present and its future. I will try to make you understand
that Rwanda is not the country you think, technologically speaking mainly. The
following text is in French, but I will translate it soon in English. Your
comments are strongly expected as usual.

Comme un air de «silicon valley» au pays des mille collines
Avez-vous déjà tapé le mot Rwanda dans la barre de recherche de notre cher ami "Google"? Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous y invite. Vous ne serez sans doute pas étonné par le fait que la deuxième suggestion de recherche proposée par Google est "Rwanda génocide". En d'autres termes, l'une des principales recherches effectuées en 2011 par les internautes s'intéressant à ce merveilleux pays se rapporte au drame d'avril 1994. Pourtant en tapant "Rwanda TIC", "Rwanda ecotourisme", "Rwanda Business", "Rwanda Santé", "Rwanda éducation", l'immense majorité des internautes découvrirait que ce pays de 11 millions d'habitants est l'un des pays les plus prometteurs d'Afrique subsaharienne.
C'est à la lecture d'un article surprenant publié en février 2006 sur le site PCInpact, que je découvre les progrès colossaux accomplis dans le domaine des TIC par ce petit pays enclavé d'Afrique orientale. Alors que le Rwanda inspirait au mieux un sentiment de compassion, j’apprenais ainsi que Kigali ambitionnait déjà de devenir le principal hub technologique d'Afrique subsaharienne. Pour le technophile que je suis, ce programme ambitieux ne pouvait que m'interpeller et ne cessera dès lors d'attiser mon intérêt pour ce pays revenu de loin.
Tout comme l'Allemagne où le Japon, connurent leur année zéro, le Rwanda semble avoir «bénéficié» de la même dynamique post-conflit pour se placer avec un relatif succès sur la voie du développement économique et sociale. Le constat est simple jamais aucun autre pays d'Afrique n'aura connu un redressement aussi fulgurant. Dans les circonstances que l'on connaît le Rwanda est en effet parvenu à s’octroyer une place de choix dans la géopolitique de la région, un rang supérieur à son voisin congolais, 10 fois plus grand et immensément plus riche en ressources naturelles. Il convient toutefois de reconnaitre que cette montée en puissance a aussi sa part d'ombre; le Rwanda n'étant pas totalement étranger au déroulé de la guerre civile congolaise, qui a notamment ensanglanté le Nord Kivu. (Pendant longtemps le Rwanda dont le sous-sol contient peu de minérais, a été le principal exportateur de coltan que l’on retrouve abondamment en territoire congolais2). D’autant que pour nombre de Rwandais le Nord Kivu a été arbitrairement octroyé au Congo, mais cela est une autre histoire...
Comme le souligne dans un passionnant témoignage3, Arleen Cannata Seed, Senior Information Officer auprès de la banque mondiale, le Rwanda est passé du Télex à la fibre optique en moins de 16 ans. Avant le génocide, le Rwanda pâtissait déjà d’une économie essentiellement agraire, d’une industrie peu développée et d’un secteur tertiaire quasi inexistant. Le conflit ethnique1 de 1994 a eu de lourdes conséquences sur l’économie et l’équilibre social du Rwanda. Les pouvoirs publics furent durablement affaiblis, le corps enseignant décimé, la fuite des cerveaux systématique. Investisseurs, ONG, expatriés, religieux, etc. Tous ceux qui ont pu fuir l’on fait. Laissant un pays exsangue, affamé (incapable de renouer avec les rendements agricoles des années 1990), divisé et totalement déboussolé. Le Rwanda a connu le pire et a été comme abandonné par la communauté internationale à son triste sort... Cet immobilisme - et non pas impuissance - de la communauté internationale au moment des massacres de 1994, explique peut-être l’engagement fort et inconditionnelle de cette dernière dans la reconstruction du pays. Culpabilisation légitime, sans aucun doute, quoiqu’il en soit la communauté internationale s’est penché au chevet du Rwanda et le pays a su en tirer partie. En près de 10 ans, le Rwanda qui fait toujours partie du groupe des Pays les Moins Avancés (PMA) - à cause d’un PIB/habitant inférieur à 200€ - est devenu l’eldorado des nouvelles technologies et s’impose comme l’un des principaux leader de l’Afrique oriental. Comment expliquer une telle ascension?
Une politique de développement économique volontariste et efficace :
Bien que le secteur tertiaire s’y développe fortement, l’économie rwandaise reste encore fortement marquée par sa dépendance à l’agriculture (40% du PIB) et par un degré d’industrialisation relativement faible. Pourtant, le Rwanda connait depuis 2001 un taux de croissance annuelle de l'ordre de 6%.
En septembre 2009, le classement «Doing Business 2010» de la Banque Mondiale décernait au Rwanda (selon ses critères) le titre du pays le plus réformateur au monde en matière de législation des affaires. Le pays se voit ainsi salué pour sa politique économique consistant en de nombreuses reformes visant à faciliter la création d'entreprise, à améliorer le transfert de propriété, la protection des investisseurs, et l'obtention des prêts. Le message du gouvernement rwandais est clair : si vous cherchez à investir en Afrique le Rwanda est LA destination idéale.
À l'issue du forum des investisseurs de Kigali (mai 2010), la RDB (Rwanda Development Board) a communiqué une liste non exhaustive d'une trentaine de projets proposés par des investisseurs étrangers pour un montant total de 5 milliards de dollars. Parmi ces bonnes fées on compte bien entendu l'UE, la Banque Africaine de Développement et la Banque Mondiale qui à l'image de la multinationale malaisienne du BTP MKP, promettent d'investir fortement dans de grands projets d’infrastructures.
Plusieurs programmes prioritaires feront l’objet de partenariats public-privé (PPP) : le futur aéroport international de Bugesera; le chemin de fer Est Africain; les centrales hydro-électriques Rusizi III (145 MW), Rusizi IV (200 MW) et Rusumo (60 MW); le futur complexe géothermique; enfin le projet Kivuwatt avec le méthane du Kivu (100 KW).
La Fondation Clinton, la compagnie Opus Software (intégrateur de Western Union), la société de BTP Lodestar, le Mara Group basé à Dubaï, la multinationale ougandaise de l'agro-alimentaire Madhvani Group, ainsi que le Bakhresa Group ont signifié leur intérêt pour le Rwanda. Cerise sur le gâteau les groupes Mariott et Hilton ont annoncé la construction de complexes hôteliers haut de gamme au coeur de Kigali, comme pour célébrer l’entrée remarquée du Rwanda dans le Commonwealth.
Cette consécration ne doit rien au hasard. Cette fulgurante ascension, le Rwanda la droit à plusieurs facteurs : la politique volontariste de son gouvernement (Vision 2020), une lutte efficace contre la corruption, le recours aux TIC, le soutien actif de la communauté internationale, le retour des investisseurs étrangers et celui de la diaspora rwandaise (Rwanda Diaspora Mutual Fund).
Un gouvernement technophile et visionnaire :
En quelques années le Rwanda a acquis une solide réputation d’Etat technologique. Aux côtés de l’élite mondiale, le président Kagame co-préside ainsi le think- tank planétaire pour le développement numérique (la prestigieuse Broadband Commission for Digital Development). De nombreux projets gouvernementaux et privés ont fait de Kigali l’une des vitrines de la révolution digitale en Afrique. Jugez plutôt :
- Construction du National Backbone Fibre-Optic Network
Projet visant a connecté tous les districts et postes frontières du pays grâce à un réseau haut-débit de fibre optique de près de 2300 km. Ce réseau devrait aussi fournir des services basés sur les protocoles IP/MPLS à 226 sites et institutions tels que des écoles, des hôpitaux, des centres de santé, les administrations locales, les bureaux du fond de sécurité sociale, de la RRA (administration fiscale), des douanes, de la police, de l'armée, du ministère de la Justice, de l'immigration, de la banque centrale rwandaise, etc. Le NBB apportera également une connectivité haut-débit aux pays voisins afin d'améliorer le trafic régional et international.
- Déploiement d'un réseau WIBRO
WiBro (Wireless Broadband) est une technologie sans fil d'accès à internet qui a été développée par l'industrie des télécommunications sud-coréenne. Les antennes WiBro offrent un débit théorique de 30 à 50 Mbit/s et peuvent couvrir un rayon de 1 à 5 kilomètres. Bien que plus performant que le WiMAX, le WiBro en est une déclinaison orientée internet mobile, et permet de faire transiter à haut débit des données, de la voix et de la video.
Le déploiement du réseau WiBro a commencé en Juin 2008. La première phase qui consistait à desservir toute la ville de Kigali s'est achevé en Décembre 2009. La deuxième phase devrait étendre la couverture du réseau à 5 autres villes : Rwamagana, Huye, Rusizi, Ruhengeri et Gisenyi.
- Mise en place du Kigali Metropolitan Network
Ce projet ambitionne de construire un réseau haut-débit de fibre optique pour desservir Kigali et sa banlieue. Il consiste à développer une infrastructure réseau permettant de fournir des services d'IP data, voix et video à l'ensemble des agences gouvernementales situées à Kigali.
Le KMN repose sur un NOC (network operations center), dispositif visant à superviser le réseau central de télécommunications. Ce NOC est chargé de la surveillance des incidents, l'administration des accès et de la bande passante, ainsi que le contrôle des transactions et de la charge du réseau. Capacité du KMN : 10 Gbps, et jusqu'à 1Gbps de bande passante pour chacun des sites gouvernementaux. Le KMN sera lui-même interconnecté au National Backbones (comme tous les 30 districts du pays et les postes frontières).
Le Rwanda se couvre ainsi chaque mois de nouveaux tronçons de fibres optiques. Kigali est déjà ceinturée par des kilomètres de câbles relayés par de puissants réseaux de télécommunications sans fil, et des milliers de kilomètres de fibres optiques couvriront bientôt le pays des milles collines. Des centaines d’institutions et de centres de décisions critiques étant d'ores et déjà interconnectés et protégés. Kigali semble bien partie pour être le Singapour de l'Afrique de l'Est...
Post in progress...(Next part : une politique sociale ambitieuse)
2 http://www.pressafrique.com/m336.html
3 From Telex to eGovernment: The Birth of eRwanda, Arleen Cannata Seed, Senior Information Officer à la Banque Mondiale, Information Technologies and International Development, Volume 3, Number 4, Summer 2006, Massachusetts Institute of Technology
Source : http://nanojv.wordpress.com/2010/05/13/go-4-rwanda/

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http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pa...